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Hames-Boucres

La population de la ville, au recensement de 1999, était de 1 106 habitants. Sa superficie est de 1 282 ha. Densité de population : 86 habitants au km². Les Hames-Boucrois(es).

Description

Le centre du village d’HAMES-BOUCRES se situe à 9 km de CALAIS et à 4 km de GUÎNES chef-lieu de canton. Son territoire s’étire d’est en ouest sur une bande longue de près de neuf kilomètres mais de seulement deux kilomètres de large à son endroit le plus resserré. Il comprend deux parties très différentes : à l’est d’anciens marais transformés en pâturages qui appartiennent à la plaine flamande ; à l’ouest les premiers contreforts des collines du Boulonnais.

 

Étymologie

HAMES-BOUCRES résulte de la réunion, par ordonnance royale du 24 novembre 1819, des communes de HAMES et de BOUCRES.

HAMES est écrit « HAMMOE » par Lambert d’Ardres et « HAMES » ou « HAMMES » dans la chronique d’Andres. Selon l’abbé Haigneré, il viendrait du teutonique « Ham » interprété par « PRÉ », « PACAGE », en rapport avec sa situation marécageuse. M. de Foucault, y voit également une origine germanique mais le fait dériver de « Hampf » qui signifie « COURBE », suivant le fait que HAMES provient du nom du château qui se trouvait dans une courbe très accentuée de la rivière de Hames. BOUCRES est écrit « BUKERDES » et « BUCRETES » par Lambert d’Ardres. On le trouve également sous la forme « BOCRETES » en 1084, « BOCKERDES » en 1107, « BOCHARDES » au XII° siècle et « BOUKREDES » dans une charte de Saint-Bertin de 1265. La forme « Boucres » se trouve, pour la première fois, dans le terrier de Thérouanne, vers l’an 1400. Le nom pourrait venir du mot celte « Boek » qui veut dire « HÊTRE ».

Armoiries

« De sinople aux deux églises d’argent affrontées et ajourées de sinople ». Ce blason moderne évoque les deux églises de Hames et de Boucres qui étaient autrefois situées presque face à face, à moins d’un kilomètre de distance.    

 

« Écartelé aux 1 et 4 vairé d’argent et de gueules, aux 2 et 3 d’argent à un lion de sable armé et lampassé de gueules ». Ce blason rappelle les armes des familles de Hames et de Fiennes qui possédaient des biens sur le territoire de la commune. (Pour l’anecdote, sur ce blason présent à Hames-Boucres, les couleurs du vairé ont été inversées.)

Histoire

À l’époque romaine, la « Leulène » traverse le territoire d’HAMES-BOUCRES à sa limite ouest, depuis l’ancien moulin de BOUCRES (aujourd’hui lieudit dénommé « Fond du moulin ») jusqu’aux entrées de Leulingue sur SAINT-TRICAT (cette voie romaine, construite en 27 avant J-C, va de THÉROUANNE à SANGATTE et WISSANT) ; seuls autres vestiges de cette période, une médaille de Maximien (238) et deux de Dioclétien (305) trouvées dans les ruines du château de HAMES.

Les noms de HAMES et de BOUCRES n’apparaissent qu’en 1084, dans la charte collective des barons de GUÎNES, à l’occasion de la fondation de l’abbaye d’ANDRES.

La paroisse de BOUCRES semble avoir toujours dépendu des seigneurs de FIENNES et, du point de vue religieux, à partir de 1130, de l’abbaye d’ANDRES.

En revanche, HAMES est une seigneurie importante du comté de GUÎNES : c’est une des douze pairies de ce comté. Son seigneur loge dans un château fort sur une butte dans une boucle de la rivière de HAMES, au milieu des marais au nord-est de son territoire. On ne peut y parvenir que par une chaussée étroite entrecoupée de ponts de bois faciles à rompre et à brûler. Tous ces éléments rendent son accès extrêmement difficile.

En 1084, deux frères, Guillaume et Alelme de HAMMES donnent une terre à l’abbaye d’ANDRES.

En 1114, Maurice de HAMMES consacre deux journaux de terre à doter l’hôtellerie de ce monastère, pour le service des pauvres.

Dans la première moitié du XII° siècle, Robert de HAMMES, dont le nom se trouve déjà en 1097 au bas du fragment de charte, assiste comme témoin à la confection d’un grand nombre de titres dans le comté de GUÎNES.

Son fils Arnoul de HAMMES, que Lambert d’Ardres qualifie du sobriquet de « comestor », c’est-à-dire de « mangeur », exerce les fonctions de bailli du comte de GUÎNES. À la mort de celui-ci, en 1137, c’est sa petite-fille Béatrix de BOURBOURG qui hérite du comté. Son mari, un puissant seigneur anglais dénommé « Albéric le sanglier », vit en Angleterre et laisse Béatrix sous la protection d’Arnoul de HAMMES. Mais un neveu de feu le comte Manassès, Arnoul de GAND, profite de cette absence et de la santé fragile de la comtesse pour corrompre certains barons et s’emparer du château de GUÎNES. Arnoul de HAMMES refuse de se soumettre et se réfugie au château d’Audruicq où Henri de Bourbourg (père de Béatrix) le rejoint. Assiégés par Arnoul de Gand, ils doivent s’enfuir nuitamment après une belle résistance. La guerre de succession se termine avec le décès prématuré de Béatrix de Bourbourg en 1141.

Bauduin de HAMMES est, selon le chroniqueur Guillaume d’ANDRES, « un chevalier fameux dans la milice, mais non moins infatigable et expert dans la malice». Devenu seigneur de Campagne-les-Guînes et d’Andres à la mort de son frère, il habite à côté de l’abbaye et ne cesse de persécuter les moines : il les empêche d’extraire de la tourbe du bois d’Hottinghem sous le prétexte que sa femme hait le chauffage à la tourbe; il interdit aux hommes d’Andres et de Campagne-les-Guînes de les aider à construire un mur en pierre autour de l’abbaye; etc. Il finit, vers 1161, par être excommunié pendant quatorze ans.

Son fils, Eustache de HAMMES, est aussi remuant. Il désole les terres du comte de BOULOGNE proches de chez lui (Arnoul II de GUÎNES, vassal de Philippe-Auguste, et Renaud de Dammartin comte de BOULOGNE et vassal de Ferrand comte de Flandre se faisant une guerre sans merci). Puis part, en août 1210, à la croisade contre les Albigeois. Il est frappé de maladie mortelle à LEULINGHEN, en janvier 1227, et malgré le secours des médecins il décède à BOULOGNE. En dépit de nombreux démêlés avec l’abbaye d’ANDRES, les moines l’enterrent dans leur cloître.

La seigneurie de HAMES passe ensuite dans la famille des comtes de GUÎNES lorsque Robert de GUÎNES (second fils d’Arnoul II) épouse Marotain de HAMES.

Après la prise de CALAIS par les Anglais, en août 1347, les trois frères Guillaume et Enguerrand de HAMES et Baudouin de SANGATTE, descendants de cette lignée, continuent de résister dans leurs châteaux respectifs. Si Sangatte tombe en mars 1349, la garnison de Hames semble avoir tenu jusqu’en janvier 1352 et la chute de Guînes.

Guillaume et Enguerrand de HAMES engagent leur terre, pour le paiement de la rançon de Jean-le-Bon, en 1360. Cette même année, le 24 octobre, Jean-le-Bon ratifie, à CALAIS, le traité de Brétigny consacrant « la cession définitive et sans réserve au roi d’Angleterre des villes, châteaux et seigneuries de CALAIS, MARCK, SANGATTE, COULOGNE, HAMES, WALES (Waldan sur le territoire de Marck), OYE et le comté de GUÎNES ».

Sous la domination anglaise, qui va durer deux siècles, le château de Hames est agrandi et renforcé. La garnison anglaise est de 32 hommes en 1371-72 (6 écuyers, 6 hommes d’armes, 10 archers à cheval, 10 archers à pied) ; de 40 hommes en 1415 (un archer à cheval, 17 hommes d’armes à pied, 22 archers à pied) ; les excursions françaises se multipliant, elle est renforcée d’une centaine d’hommes le 12 août 1542. Plusieurs hôtes illustres y logent : le duc de Glocester, en 1396, lors du mariage de Richard II d’Angleterre avec Isabelle de France ; le savant hollandais Érasme en route pour l’Angleterre. Le château sert même de prison d’État sous Édouard IV : John de Vère, douzième comte d’Oxford, y aurait été détenu en 1461 avant de finir sous la hache du bourreau à la Tour de Londres le 26 février 1462 ; George Neville, archevêque d’York, y est enfermé par de 1472 jusqu’en novembre 1474.

Le château de HAMES est la dernière place occupée par les Anglais dans le Calaisis, mais la prise de GUÎNES, après celle de CALAIS, impressionne tellement son gouverneur qu’il se retire pendant la nuit du 22 au 23 janvier 1558 sans combattre.

Hames et son château ( carte éditée en 1558  source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b72002499 )

Jusqu’à l’arrivée des Anglais, le château seul a pour nom « Hames ». La paroisse s’appelle « FONTAINE ». Les habitants français sont expulsés et leurs terres données à des Anglais qui rebaptisent le lieu « Hameswele » qui peut se traduire par « Fontaine de Hames ». À la libération en 1558, les noms de lieux reprennent une consonance française. Le « Thornpick, poste de garde à la limite ouest de Boucres, devient le « Tournepique » ; « Astone » prend le nom français de « La Pierre » ; le « Wingfield » (du nom du maïeur anglais de Calais qui décida, sans doute, le creusement de cette rivière) est transformé en « Vinfil » ; et le suffixe « wele » de « Hameswele » disparaît, la paroisse et le château portent désormais le même nom : HAMES.

En 1560, le duc de Guise, pour éviter que les Anglais puissent se loger dans des places fortes en cas de retour, fait raser la plupart des fortifications du Calaisis dont le château de HAMES. Il n’en reste plus aujourd’hui que la motte.

Les habitants, pour la plupart Anglais, ayant fui, les terres ne sont pas cultivées de 1558 à 1560, date à laquelle elles sont redistribuées moyennant une censive annuelle. Les mayeurs et échevins de CALAIS obtiennent, pour l’approvisionnement de leur ville, les terres de BONNINGUES, BOUCRES, FRÉTHUN et MARCK. C’est ce qui explique le nombre élevé de magistrats calaisiens parmi les propriétaires de BOUCRES. On en compte une quinzaine, dont les principaux sont : le sieur de la Place, Philippe Blondel, Pierre Campmajor l’aîné, Mery Guyon, le capitaine Vernat, Francisque Férault, Jean Pocq, Pierre Leclercq, Adam Chaperon, Antoine Charon dit « Pied plat », Nicolas de Courmond, Laurent Roussel et Nicolas Legras ; pour 874 mesures. À HAMES, on relève dix-huit propriétaires dont : Antoine Cense, Jacques Duverger, Jean et Guillaume Bourdet, Jean de Seyne, Jean Lecomte, Nicolas Roussel, Pierre Campmajor l’aîné, noble homme Secondin de Cancer de Pignan, Jean Philippon, Pierre Leclercq, Claude Flahault, Bastien de Beaurain ; pour 801 mesures 68 verges.

Un nouveau terrier (terrier de Miraumont) est enregistré le 19 septembre 1584. À BOUCRES on retrouve une dizaine des anciens propriétaires auxquels il faut ajouter : Porrus de Caboche, Jean Marchandeau, Anne Maillard veuve de Gilles de Montpellé, Claude Sernagnier sergent de Calais, Antoine Grimoust bourgeois et ancien échevin de CALAIS, tuteur de Jacques Guion et de Barbe Grimoust. À HAMES, on ne retrouve que six des dix-huit propriétaires primitifs et parmi les nouveaux : Charles de Maulny sieur de la Loire, Etienne Guillot demeurant au château de HAMES, Claude Sernagnier et Claude Godde.

Les droits d’aînesse et les droits seigneuriaux n’étant pas rétablis, la rédaction de nouvelles coutumes, par les trois ordres, a lieu le 16 avril 1583, à CALAIS. La noblesse est représentée par Jehan de Cajacq capitaine du château (bien que celui-ci ait été détruit, une capitainerie existait encore) pour HAMES et des héritiers de feu Porrus Caboche pour BOUCRES ; le tiers état par Nicolas Legras et Philippe Branly pour BOUCRES, Baudin Heurterel et Jehan des Champs pour HAMES.

Le pays connaît à nouveau les affres de la guerre avec l’occupation espagnole qui dure du mois d’avril 1596 au traité de Vervins du 12 mai 1598.

Carte du Boulonnais datée de 1600 ( Ref BNF)

À partir de 1598 et jusque la révocation de l’édit de Nantes en 1685, Hames possède un temple protestant ainsi qu’un cimetière particulier jouxtant, sans doute, le cimetière paroissial.

Carte des places militaires en 1700 ( BNF)

Un arrêt du conseil du 22 avril 1623 rend à Charles d’Hallwin, seigneur de Wailly et héritier des seigneurs d’HAMES, la jouissance de ses terres de HAMES et de SANGATTE. Ces deux seigneuries, unies à celles de PEUPLINGUES, ESCALLES et HERVELINGHEN, forment, à partir de mai 1647, le comté de HAMES. Celui-ci passe dans la famille des ducs de Croÿ et d’Havré à partir de 1668 et jusque la Révolution. Alors que BOUCRES continue de faire partie du domaine royal.

Entre 1766 et 1769, le comte de HAMES fait établir un état récapitulatif des biens de son comté. On y remarque que la paroisse de HAMES comprend 1860 mesures (l’accroissement est dû aux travaux d’assèchement des marais), réparties entre 91 propriétaires, dont quatre possèdent plus de 100 mesures : MM. Charles de Thosse 239 mesures (ferme du Monistrol, du nom d’une famille qui s’est alliée aux de Thosse), Maximilien Thélu 166 mesures (puis baron de Saint-Paul), les héritiers de Pierre de Chateauneuf (ferme Verva), le comte d’Aumale 173 mesures (dont 90 mesures à la butte d’Hames). Parmi les autres propriétaires, les Dutertre, d’Arnault, Caboche (de Boucres), Baron, Cossart, Beaugrand, Boulanger, Dufossé, Duhamel, Mallet, Playe, Rohart, Sy, etc.

La période révolutionnaire se déroule sans grand excès voire dans l’indifférence. Cela n’empêche pas l’arrestation sur dénonciation, le 22 octobre 1792, chez le citoyen Delagorgue de HAMES, de l’abbé François Allan, de ST-LÉONARD.

La constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790, supprime la paroisse de HAMES et la rattache à celle de SAINT-TRICAT.

Bernard Sauzet, curé de BOUCRES, ayant prêté le serment constitutionnel, est autorisé à racheter les terres allouées au curé pour sa subsistance ; celles de HAMES sont vendues à Armand Rohart avec le presbytère. Celui de BOUCRES et le terrain attenant sont vendus au citoyen Pernette, militaire à CALAIS.

L’église de BOUCRES est vendue à Philippe Hédelin, de GUÎNES, le 4 janvier 1799 ; elle échappe à la démolition grâce à l’opposition des femmes du village qui, armées de pierres, empêchent les maçons de monter à l’échelle. À défaut, le citoyen Hédelin loue l’église à la municipalité ; cela durera jusqu’en 1829, date où elle fut rachetée. Celle de HAMES est vendue au même, le 30 janvier 1799, et démolie rapidement.

Malgré les travaux importants effectués par les Anglais pendant les deux siècles d’occupation, les terres de HAMES sont complètement sous les eaux à plusieurs reprises aux XVII° et XVIII° siècles (notamment en 1614, 1634, 1641, 1720, 1755). Il faut attendre les travaux sur le Vinfil et le creusement de la Rivière Neuve en 1785 pour voir la situation s’arranger.

En 1801, HAMES est rattaché, du point de vue religieux, à la paroisse de BOUCRES. L’unification administrative des deux communes a lieu le 24 novembre 1819.

Pendant la première guerre mondiale, un dépôt de remonte de la cavalerie belge stationne sur la commune du 15 octobre 1914 à la fin du mois de mai 1917 ; les soldats logent chez l’habitant, principalement dans les fermes. Puis, la dernière année, c’est l’armée anglaise qui établit un champ d’aviation près du Rosselin.

Le 10 mai 1940, au début de la seconde guerre mondiale, des bombes incendiaires arrosent l’agglomération autour de l’église. Le 23 mai, vers 16 heures, un violent combat de char se déroule à l’arrivée des forces ennemies, au lieu-dit « Le Clos ». Deux soldats britanniques du 23ème régiment de char de la Royal Armoured Corps, qui y ont trouvé la mort, sont enterrés dans le cimetière de Hames-Boucres, avec un troisième mort quelques jours plus tôt.

Pendant la guerre, on héberge les pilotes d’appareils abattus : Jules Barron, cultivateur dans le Marais recevra, en reconnaissance, une décoration anglaise, à la fin de la guerre.

En février 1944, craignant une invasion, l’ennemi inonde le Bas-Pays : HAMES se retrouve à nouveau sous les eaux.

Dans les premiers jours de septembre 1944 Hames-Boucres est libéré mais les troupes canadiennes doivent vaincre un îlot de résistance à la butte de HAMES : prise puis reperdue, elle est enfin définitivement soumise.

Églises et monuments

l’Église Saint Martin

On ne connaît pas la date de construction de l’église primitive de Boucres. Sous le sacerdoce de Charles Routtier (de décembre 1695 au 17 juillet 1706), de gros travaux y sont entrepris. Si l’on en croît une pierre scellée dans le pavage de la chaire, il s’agissait d’une reconstruction complète à partir des fondations. C’est l’église que nous connaissons encore aujourd’hui, à l’exception de quelques aménagements : la sacristie actuelle était une chapelle particulière, ouvrant sur la nef par un arc en plein cintre actuellement muré mais encore visible ; il n’y avait pas de plafond mais de grosses poutres de bois apparentes.

À la Révolution, elle échappe à la démolition. Sur son mur ouest, une plaque perpétue le souvenir de son propriétaire à cette époque : « Philippe Hédelin-Barbe / né à Guînes y décédé le 21 août 1809 / âgé de 58 ans / est inhumé contre et au nord de l’église de Boucres / en mémoire de l’acquisition qu’il en a faite / et de l’avoir conservée pour l’usage de cette paroisse / et de celle de Hames qui est démolie / ce monument a été érigé pour témoigner / en la peine et la douleur de sa famille / par les soins de / Louis Anne Nicolas Hédelin-Valentin / qui y a aussi fait inhumer sa fille / Marie Louise Françoise Stanislas / décédée le 29 janvier 1824 âgée de 25 mois ». Ce monument a donné lieu à de nombreux commentaires, vu la façon dont les évènements se seraient déroulés à la vente de l’église.

Parmi les principaux travaux de réfection du XIX° siècle, on note la pose de nouveaux vitraux :

1875, pour le chœur

1892, pour la nef avec, notamment, Saint-Charles Borromée (en souvenir de Charles Francoville) et Saint-Dominique (don de la confrérie du Rosaire).

 

la chapelle Sainte Victoire

Le 15 août 1871, M. Martin offre 8 000 francs à la municipalité pour l’établissement d’une œuvre de bienfaisance. L’offre ayant été rejetée sous prétexte d’être insuffisante pour un tel projet, le donateur propose l’érection d’une chapelle de secours au marais de HAMES.

Après maintes hésitations de la part du conseil municipal, et la donation d’un terrain de dix ares par le baron de Saint-Paul, une chapelle de 16 mètres de long, 8 mètres de large et 6,93 mètres de hauteur est construite par Benoît Tassart, entrepreneur à Guînes. Elle est dédiée à Sainte-Victoire en souvenir de Mme Auber de Berlaër, née Barbe-Victoire-Aurore Martin, ainsi que le rappelle l’inscription gravée au fronton de la porte d’entrée.

L’inauguration a lieu le 28 septembre 1873. On y apporte en procession l’antique statue en bois de la Vierge soustraite de l’église de Hames à sa démolition lors de la Révolution, et cachée depuis dans le grenier du château Thélu. On y adjoint une statue de Saint-Louis, offerte par Louis Heux, le sacristain; et, plus tard, celles de N-D de Lourdes et de Saint-Joseph; et, en 1912, celle de Jeanne d’Arc; enfin, en 1920, une statue de Sainte-Thérése de Lisieux (les deux dernières mises à mal par les bombardements pour libérer la butte de Hames en 1944). L’autel, surmonté d’une statue du Sacré-Cœur, comporte les statues de la Vierge à sa droite, et de Sainte-Victoire, patronne du sanctuaire, à sa gauche.

La cloche de 137 kg est nommée Marie-Joséphine avec pour marraine Marie Guche et parrain Jean-François Bacquet.

L’ancien château de Hames

 

Notice de Mr Pigault de Beaupré sur le Château d’Hames

On croit que c’est vers 1350 que les Anglais construisirent le château de Hames, qui formait un carré, flanqué de quatre tours, au milieu duquel était un donjon crénélé qui servait de logement à la garnison.

Malgré cette tradition populaire, on peut douter que les Anglais soient les auteurs de cette forteresse. Ils ont pu la réparer et en changer les principales distributions, mais son origine paraît devoir être antérieure à la conquête du Calaisis.

En effet, la dureté du ciment qui en lie les matériaux, et qui est telle, que c’est qu’à l’aide de la poudre qu’on peut obtenir quelques fragments de muraille, ne semble t elle pas indiquer un ouvrage des Romains ?  les constructions des temps plus modernes sont loin d’offrir une telle solidité ; et ce qui reste encore d’édifices bâties par les Anglais, comparé avec les ruines du château d’Hames, prouve assez que ces dernières ne sauraient dater de la même époque . A l’appui de cette observation, on peut citer deux médailles de Dioclétien et une de Maximien, trouvées en octobre 1821 dans els ruines de ce château , où le propriétaire en faisant travailler, a également découvert les piles du pont-levis de la porte sud. Ces médailles prouvent incontestablement le séjour, et par suite, le travail des Romains dans cette partie ; et le château de Hames, bâti sur un monticule au milieu des marais, était d’un accès assez difficile pour que les vainqueurs de la Morinie, en aient pu faire une position militaire qui les rendait maîtres de toute la contrée.

Pendant les troubles des maisons d’York et de Lancastre, les Anglais en firent une prison d’Etat, et sous Henri VI, le comte d’Oxford y fut enfermé et condamné à mourir de faim. Cette place fut la dernière qui leur resta après la prise de Calais en 1558. Les ruines de cette forteresse, distante de 6/4 de lieues de Calai, servent maintenant de pâturages, et ne présentent plus que quelques pans de muraille en briques rouges que le temps n’a pu détruire.

Si l’œil attristé du voyageur, y cherche vainement les traces de ces tours, de ce donjon où gémirent naguère d’illustres victimes, l’habitant du Calaisis , en contemplant les vestiges de la puissance anglaise en France , n’y voit qu’un souvenir honorable pour sa patrie.

 

Le château moderne de Hames-Boucres

Le château moderne de Hames était, au début du XVIII° siècle, la maison de campagne de messire Hippolyte de Châteauneuf, commissaire de la marine et des armées navales du roi à Calais. Il est resté dans cette famille jusqu’à la Révolution. Il a été construit en brique (aujourd’hui recouverte), la pierre étant réservée aux soubassements, aux chaînages des angles et aux cordons horizontaux qui courent au-dessus et au-dessous des fenêtres.

À gauche du château, sa ferme qui a conservé ses murs de brique intacts. Dans le fond, un peu en arrière, un énorme pigeonnier de plan octogonal domine de sa masse la demeure du fermier ; une plaque y a été retrouvée portant la date de 1639.

Personnalités

Maires

Louis-Henri de Foucault (1825-1840), Jules de Foucault (1840-1858), Philigone Guche (1858-1878), Amédée de Foucault (1878-1885), Jules Lefebvre (1885-1891), Baron de Saint-Paul (1891-1902), Clément Lemattre (1902-1912), Robert Smith (1912-1936), Paul Mercier (1936-1945), Ernest Delrue (1945-1947), Georges Pinchon (1947-1962) George Dagbert (1962-1971), Pierre Allender (1971-2008), René Lotte (2008- )

Ouvrages et Associations d’histoire locale

Notice historique sur la commune de Hames-Boucres

Cette notice, de 105 pages, sans illustration, est principalement consacrée à la période antérieure à la Révolution. Elle traite, notamment, de l’occupation anglaise et de la réorganisation du territoire à sa libération.

L’auteur est M. Jules-Albert de Foucault, agrégé de la Faculté des Lettres de Paris, docteur ès lettres, issu d’une famille implantée dans le Calaisis dès le XV° siècle.

Distingué par une médaille d’argent au concours de 1951 de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts d’Arras, cet ouvrage n’est publié (avec quelques précisions et corrections) qu’en 1973, avec le concours de la Société des Amis du Vieux Calais. Il est réédité, à l’occasion de l’an 2000, à la demande de la municipalité de Hames-Boucres.

Les sources :

  • Notice historique sur la commune de Hames-Boucres / Jules-Albert de Foucault / Bulletin historique et artistique du Calaisis / 1973
  • Notice historique sur l’état ancien et moderne du Calaisis, de l’Ardresis et des pays de Brédenarde et de Langle (contenant quatre communes et quatre rurales, qui formèrent le district ou arrondissement administratif et judicaire de Calais) / P.-J.-M. Collet / 1833
  • Dictionnaire historique et archéologique du département du Pas-de-Calais arrondissement de Boulogne Tome II / abbé Haigneré / Annonciades Boulogne-sur-Mer
  • Mémorial historique et archéologique du département du Pas-de-Calais / M. Harbaville / Tome 2 / Arras 1862

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